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Poilvache

 

 

Le site de Poilvache est juché sur un promontoire calcaire offrant une défense naturelle au nord, à l’ouest et au sud, ainsi qu’une vue imprenable sur un tronçon de Meuse long de 7 km. 

La forteresse apparaît au cours du premier quart du XIIIe siècle, sous l’égide des comtes de Namur, vraisemblablement dans le contexte du traité signé à Dinant en 1199, entre Namurois et Luxembourgeois. En 1430, le site de Poilvache est assiégé et détruit par l’armée du prince-évêque de Liège. Depuis lors, le site abandonné est devenu un authentique objet archéologique.

 

Le site de Poilvache est composé de deux parties : un château et une « ville », entourés d’une même enceinte, flanquée de neuf tours, qui épouse le relief rocheux. « Ville » et château constituent deux entités distinctes dont la séparation est marquée par une différence de niveau du sol.  

 

Tourné vers le point le plus vulnérable du site, le château est protégé d’une épaisse courtine renforcée au XIVe siècle par un boloirque. Le château est doté de tous les équipements nécessaires à sa propre subsistance. Le donjon, construit au XIIIe siècle, domine l’angle formé par le fossé et le chemin de défilement. Le sous-sol, seul élément préservé, se composait à l’origine d’un grand cellier, partiellement remblayé vraisemblablement après 1238. L’espace obtenu est doté d’une cheminée et le mur de courtine est percé de deux portes, vers la tour du Luxembourg et vers le massif d’entrée nord. Des maisons s’appuyaient sur la courtine. Les vestiges montrent une construction mixte: rez-de-chaussée en pierres, étages probablement en pans-de-bois. L’atelier, accessible par quelques marches, était doté d’un four dont la fonction reste hypothétique. Il est peut-être lié à l’atelier monétaire créé à Poilvache en 1298 ou peut avoir servi, de manière plus courante, à la fabrication d’objets quotidiens (clous, serrures, clefs, ferrures de portes, fers à cheval, etc.). Les sondages archéologiques révèlent de nettes traces d’incendie probables témoins de l’attaque finale de la forteresse en 1430.

 

La ville occupe la plus grande partie du site. Bien que l’ensemble n’ait pas encore été fouillé, il semble que deux types d’habitations s’y côtoient : majoritairement des maisons de torchis et quelques maisons entièrement maçonnées. Quelques fondations de pierres sont encore visibles çà et là. Plusieurs citernes récoltaient l’eau de pluie ruisselant des toitures ce qui permettait un approvisionnement en eau pour cette partie de la forteresse. La maison au « Grand pignon » constitue les vestiges probables d’une vaste demeure noble (130 m² au sol, qui s’appuye sur la courtine). Cet emplacement a nécessité l’aménagement de portes pour permettre le passage des vigiles sur le chemin de ronde. Ce bâtiment comporte un sous-sol composé d'une cave et d'une citerne, d'un rez-de-chaussée constitué d’une vaste salle d’habitat équipée d’une cheminée monumentale et des étages abritant chambres et combles.

 

Poilvache © G. Focant/SPW-Dpat